Picto

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Vers un code.

Une idée communément admise est que les garçons naissent dans les choux, que les filles naissent dans les roses et que les cigognes livrent le tout à domicile. Une autre idée plus récente nous informe que les pictos naissent sur le Net. Une nuance départage ces 2 affirmations : le net produit effectivement des pictos qu’il suffit de moissonner. Notre temps est donc celui du paisible piratage visuel, sonore, intellectuel et maritime. De plus, ce diminutif en 5 lettres n’est-il pas simpliste et ne dit-on pas : grosso modo, mémo, bobo, métro, boulot, dodo pour des notions approximatives ? Ce sera donc un des nombreux paradoxes du picto que de rendre hommage aux « auteurs » qui ont œuvré pour sa gloire en Belgique. Et on verra dans cette exposition le picto dans un costume qu’on ne lui connaît pas toujours :
Le picto, qui s’invite dans l’art et le cartoon.
Le picto en rupture avec l’esthétique épurée.
Le picto détourné, manipulé, bidouillé.
Le picto pour l’amour de la lettre.
Le picto ludique pour l’amour du signe.
Le faux picto, juste pour le plaisir du picto.
Le clin d’oeil au picto pour ceux qui n’exposent pas de pictos. On y verra bien sûr aussi :
Le picto comme solution à l’explosion de la complexité.
Le picto pur et dur, petit soldat de l’infographie.
Merci donc aux 30 participants à cette expo qui nous rachètent des codes boiteux, des signes insignifiants et de l’ennui.
PS : Après plus de 25 expos chez Seed Factory, j’aborde seulement la question du picto. Ce sujet me semblait tellement évident que je l’ai reporté de saison en saison. Il m’a fallu 10 ans pour me rendre compte de mon erreur. Juillet 2008

Depuis la préhistoire jusqu’à nos lieux publiques – en passant par Lascaux et l’Égypte ancienne – tous les graphistes se sont essayés à ce langage qui doit être interculturel. Les gestes les plus simples sont parfois les plus difficiles à représenter : un appel récent demandait une image ou un signe pour exprimer «pousser» et «tirer» ! L’ouvrage de Henry Dreyfuss, Symbol Sourcebook, fut notre premier contact avec ce type de représentations. De grandes et notables séries nous ont marqués, qui furent créées à l’occasion de vastes rassemblements humains. En 1964, les pictogrammes de Katsumie pour les jeux Olympiques de Tokio, puis en 1972, ceux des jeux de Munich de Otl Aicher et son équipe dont la presse et les clubs sportifs du monde entier se sont emparés. Ils sont composés sur une grille qui permet d’en inventer encore tout en respectant les critères de la série. En 1967, profitant de l’afflux des visiteurs de toutes nationalités à l’exposition internationale de Montréal une enquête sur la compréhension des symboles a donné, pour remplacer le mot «poison», l’image du serpent comme généralement mieux comprise que notre crâne