Typo

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Du 24/04/2013 au 30/06/2013.Le vernissage aura lieu le 24 avril 2013 à partir de 18h00.« Typo » est le troisième volet de la trilogie dont « Picto » a été la première et « Logo » la deuxième . Contenu :

INTERNATIONAL HOMAGE : Un hommage aux grands noms du typographisme sur les 5 continents.BELGIUM HOMAGE : Un hommage aux grands anciens en Belgique.INTERNATIONAL GUEST : Ce qui s’est fait de plus intéressant dans le Monde.BELGIUM GUESTS : Ce qui s’est fait de plus intéressant en Belgique.ILLUSTRATORS: Une présence ludique du Who’s who des illustrateurs.

Une exposition qui réunira les plus grands créateurs au monde dont la lettre est le credo.
« Typo » est le troisième volet de la trilogie dont « Picto » en 2008 a été le premier et « Logo » en 2010 le deuxième.
La Renaissance, à l’origine de l’imprimerie, connaissait quelques dizaines de caractères. Le début du XXè siècle eut à en classer moins de 5000. Au XXIè siècle, l’écriture occidentale compte 150.000 caractères. Voilà le filigrane d’une exposition qui présente les oeuvres majeures de plus de 100 créateurs des 5 continents. Ainsi que les meilleurs créations de plus de 100 typographistes régionaux. Il se pourrait même que ce soit la première fois qu’une exposition réunisse autant de créateurs dont la lettre est le credo. Leur nom est souvent peu connu du grand public mais leur influence sur notre environnement visuel aura été décisif. Une exposition destinée aux professionnels qui, comme toujours à la Maison de l’image, intéressera un public averti ou tout simplement curieux.
Parallèlement à la disparition du typographe, il y a le miracle de la création digitale des caractères. Le typographe n’est plus mais il y a toujours des grands créateurs d’alphabets et des virtuoses du maniement de la lettre. C’est leur oeuvre la plus significative que la Maison de l’Image expose à partir du 25 avril 2013. Et à ceux qui posent (à juste titre) un diagnostic lucide et pessimiste sur la typo de notre époque, cette expo ajoute qu’il y a toujours et encore des créateurs de tout grand talent. Ils ne sont pas moins nombreux qu’avant, mais ils sont dilués dans la prolifération des générations spontanées de barbares connectés, c’est-à-dire à peu près tout le monde qui fait de la mise en page à partir d’un PC. Ce ne sont pas les grands créateurs qui ont diminués, ce sont les mauvais qui se sont multipliés.
À la Renaissance, le typographe était l’archétype de l’humaniste ce qu’il restera jusqu’au début du XXè siècle. Apparurent alors les techniques qui devaient révolutionner les arts graphiques. La disparition du typographe en sera un effet collatéral. Il fut remplacé par le graphiste pour le meilleur des cas et par les utilisateurs de PC dans le pire. Tout comme la spéculation financière qui doit se faire à la micro seconde, la communication doit être « en temps réel » ou ne doit pas être. On a donc vécu le pire mais cette expo en montre le meilleur

« Au commencement était la lettre »
De la lettre à la typo. Lettre, pierre angulaire de la conception graphique. Primordiale et essentielle. Aucune communication sans alphabet. Sans lettres, pas de livre, ni d’ affiche pas de logo ni de vitrine, pas d’image de rue ni d’ image écran.
Créer un alphabet. Pour la passion et par l’application. Dédié à cette affiche à laquelle le créateur veut marier la lettre la plus juste, ou pour la personnaliser, lui donner un supplément d’âme, ou plus simplement pour l’amour de la création. A partir d’un premier jet spontané, des formes fragmentaires, l’embryon d’une idée. Le long chemin de la recherche.
Développer un alphabet. Librement conçu ou volontairement construit. interférences entre le noir en conversation avec le blanc, contrastes visibles entre présence et absence, interaction entre rondeur et linéarité. Formes tout en courbes et en droites, toujours évaluées, constamment réévalués, encore et toujours retravaillées. Lettre-image, lettre-mot, des versions de lettres et encore des versions. Laquelle choisir? Composer des mots pour peaufiner les lettres, faire réagir les lettres entre elles.
Mettre au point un alphabet. Injecter les lettres dans un programme de polices. Déterminer l’approche entre ces lettres, bas de casse et capitales dans leurs 2.028 combinaisons. Et seulement après, voir les chiffres s’aligner et les signes sautiller. Les jours s’enfilent en semaines et en mois. Pointilleux, inventif, puis, les doutes, l’espoir, persévérance, continuité, attention absolue. L’expression de soi dans le minimalisme. Sans gain aucun, mais par passion assouvie. Et, enfin! la police aboutie. La finalité ou n’est-ce qu’une respiration avant l’ ultime tentative de perfection ?
Une police de caractères. Au service de la lettre. Du mot. In fine, l’humilité. Le rôle subalterne. L’anonymat du créateur de caractères. La police, à peine visible au commun des mortels…
Choisir un type de lettre. Metteur en page, typographe, graphiste. La passion pour l’alphabet, le mot, le texte. L’enthousiasme de vouloir cet alphabet qui sert si bien la création, qui lui accorde l’évidence. Passer en revue un grand nombre de polices, les impliquer, les tester, les juger dans la phase de conception. Imprimer, observer, soupeser. Laquelle est la plus appropriée ? Quel corps et quelle graisse ? Evaluer, découvrir comment le gras des lettres et des mots devient le corps du texte. Observer l’interaction des dimensions, des gris et des couleurs. La position, les lignes, les blancs les marges, la page. Soupeser, pour finalement, réinventer la police élue, lui donner un nouveau statut, lui conférer une présence tout à fait personnelle. Réfléchie à l’extrême et cependant extrêmement créative.

Pour Guy La typo reste à réinventer…
On a longtemps cru que l’extraordinaire succès du genre humain sur la planète Terre était redevable à l’usage d’objets techniques et à la pratique d’un langage articulé. Il ne faut pas être grand lecteur de Science et Vie pour savoir qu’il n’en est rien, que certains animaux – pas nécessairement les plus évolués – utilisent des outils, et que la communication entre végétaux répond à un système codé d’informations que l’on pourrait appeler «langage». L’extraordinaire succès des humains viendrait plutôt de la capacité de n’être pas obligés de tout réapprendre à chaque génération. Le petit d’homme ne doit pas réinventer le feu, la roue, le nucléaire, la communication numérique… Parmi les diverses formes de mémoires imaginées par l’homme, l’écriture joue un rôle de premier plan, dont une des inventions les plus remarquables – et récente à l’échelle du temps humain – est la typographie. Il est étonnant de constater que cette technique imaginée afin de faire baisser les coûts des livres jusque là laborieusement réalisés à la main, et bricolée à partir d’éléments venant d’horizon divers comme la presse à vin, l’orfèvrerie, la fabrication du papier à grande échelle, se diversifie aujourd’hui encore après plusieurs siècles d’existence ! Toutes les formes en sont exploitées, des plus simples aux plus complexes. Comment l’expliquer sinon par l’évolution qui explore la moindre des possibilités, au hasard, sans état d’âme, où a priori rien n’est bon, rien n’est mauvais. La sélection vient après. L’arrivée de l’électronique et du numérique avec leurs impératifs technologiques rebattent les cartes. Hier comme aujourd’hui il faut tester, dans de nouvelles conditions, sachant que certains succès ou échecs à court terme se révèleront efficients ou inefficaces à long terme. La diversité des expériences typographiques actuelles agit exactement comme la bio-diversité, elle est absolument nécessaire à la bonne santé de la population typographique dans son ensemble, pour son futur, sans poser le moindre jugement de valeur.