Introduction Michel Michiels

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Une exposition qui réunira les plus grands créateurs au monde dont la lettre est le credo.

« Typo » est le troisième volet de la trilogie dont « Picto » en 2008 a été le premier et « Logo » en 2010 le deuxième.

La Renaissance, à l’origine de l’imprimerie, connaissait quelques dizaines de caractères. Le début du XXè siècle eut à en classer moins de 5000. Au XXIè siècle, l’écriture occidentale compte 150.000 caractères. Voilà le filigrane d’une exposition qui présente les oeuvres majeures de plus de 100 créateurs des 5 continents. Ainsi que les meilleurs créations de plus de 100 typographistes régionaux. Il se pourrait même que ce soit la première fois qu’une exposition réunisse autant de créateurs dont la lettre est le credo. Leur nom est souvent peu connu du grand public mais leur influence sur notre environnement visuel aura été décisif. Une exposition destinée aux professionnels qui, comme toujours à la Maison de l’image, intéressera un public averti ou tout simplement curieux.

Parallèlement à la disparition du typographe, il y a le miracle de la création digitale des caractères. Le typographe n’est plus mais il y a toujours des grands créateurs d’alphabets et des virtuoses du maniement de la lettre. C’est leur oeuvre la plus significative que la Maison de l’Image expose à partir du 25 avril 2013. Et à ceux qui posent (à juste titre) un diagnostic lucide et pessimiste sur la typo de notre époque, cette expo ajoute qu’il y a toujours et encore des créateurs de tout grand talent. Ils ne sont pas moins nombreux qu’avant, mais ils sont dilués dans la prolifération des générations spontanées de barbares connectés, c’est-à-dire à peu près tout le monde qui fait de la mise en page à partir d’un PC. Ce ne sont pas les grands créateurs qui ont diminués, ce sont les mauvais qui se sont multipliés.

À la Renaissance, le typographe était l’archétype de l’humaniste ce qu’il restera jusqu’au début du XXè siècle. Apparurent alors les techniques qui devaient révolutionner les arts graphiques. La disparition du typographe en sera un effet collatéral. Il fut remplacé par le graphiste pour le meilleur des cas et par les utilisateurs de PC dans le pire. Tout comme la spéculation financière qui doit se faire à la micro seconde, la communication doit être « en temps réel » ou ne doit pas être. On a donc vécu le pire mais cette expo en montre le meilleur